Role Play en direct de Woltar

Inscris toi sous le prénom et nom du personnage que tu aimerais jouer.

Les pseudos ne peuvent pas comporter de chiffres et doivent impérativement avoir une majuscule au début.

Tu dois impérativement lire les différents règlements et au minimum les résumés des contextes des villes, sans quoi tu ne pourras pas correctement faire ta fiche ;)
Role Play en direct de Woltar

    Pensées profondes.

    Partagez
    avatar
    Kriemhilde Laliel

    Messages : 5
    Date d'inscription : 24/10/2012

    Fiche de wolt'
    Stade du woltarien: Majeur
    Époque: Futuriste
    Pseudo sur Woltar: Esma

    Pensées profondes.

    Message  Kriemhilde Laliel le Ven 2 Nov - 20:52




    Kriemhilde. Ce simple prénom l'empêchait de passer inaperçue.
    Kriemhilde. Prénom choisi par sa mère, qu'elle haïssait profondément.

    Kriemhilde se plongeait dans ses souvenirs, allongée sur son lit en acrylique dont la forme s'adapte à celle du corps. Les yeux grands ouverts, elle fixait un point invisible, entre ses paupières et son plafond. Les jambes parfaitement droites, les bras le long du corps, ainsi qu'on le lui avait appris. Sa chambre était entièrement blanche. Rien ne la distinguait d'une chambre d'hôpital, pas même les odeurs. La porte coulissante du placard était parfaitement fermée, cachant aux yeux de la demoiselle des combinaisons parfaitement identiques à celle qu'elle portait à ce moment même ; blanche, avec une bande vert d'eau, exactement la même couleur que celle de sa crête. Mais Kriemhilde n'avait pas fait le rapprochement. La mode n'avait pas le moindre intérêt, à ses yeux. Les couleurs avaient pour seul but de préciser son rang au sein de la société, et ne devaient en aucun cas être considérées comme décoratives ou jolies. Et Kriemhilde était parfaitement formatée. Rien n'attirait son regard, à l'exception des écrans géants disséminés dans la ville, qui servaient à diffuser les messages de propagande du Dictateur. Il était le seul à pouvoir attiser la curiosité de la woltarienne à la bande vert d'eau. Lui, et nul autre. Kriemhilde n'avait pas beaucoup d'ambition. Mais il lui arrivait d'espérer un jour attirer le regard de ce Dieu vivant, et qu'il décide de la prendre pour épouse. Nulle gloire ne pouvait valoir celle d'être choisie par le dictateur pour enfanter. Et si elle parvenait à lui donner un enfant digne de ses espérances, elle pourrait alors espérer être connue sur deux, voire trois générations. Kriem savait qu'elle aurait été une épouse exemplaire. Conditionnée pour obéir, elle ne savait faire que ça, et c'était exactement ce que recherchaient les woltariens de rang supérieur.

    Kriemhilde fixait toujours un point inexistant. Ses pensées étaient, à ce moment, très éloignées de ses rêves de formatage. Elle songeait à ses parents. Son père, médecin de l'ancien chef d'état, avait péri dans des circonstances à la fois tragiques et mystérieuses. Kriemhilde adorait son père. Il lui avait appris chacune des règles de Bégy, de la plus évidente à la plus complexe. Il ne passait pas un jour sans qu'elle ne pense à lui. Mais elle ne le pleurait pas. Kriemhilde ne pleurait jamais.
    Sa mère l'avait délaissée, des années plus tôt. Elle avait disparu, sans laisser la moindre trace. Elle avait été une woltarienne curieuse, intéressée de tout, et extrêmement intelligente. Et, par conséquent, très gênante. Elle troublait l'ordre, d'après les autorités. D'abord menacée, trois ou quatre fois, d'être exilée, elle avait fini par disparaître totalement de la surface, son bracelet électronique abandonné devant l'entrée de la maison. C'était Kriemhilde qui avait averti les autorités, s'excusant de n'avoir pas pu l'empêcher de fuir.

    Kriemhilde était donc seule.

    Toujours allongée, parfaitement droite, mais pas tout à fait éveillée, Kriemhilde songeait à présent à son travail. Après de longues études, elle était devenue une laborantine douée, bien que dans la moyenne. Elle travaillait dur, espérant plus que tout finir chercheuse. Elle avait souhaité rechercher la clef de l'immortalité pour une raison simple ; si elle réussissait à la trouver, elle deviendrait alors aussi importante que son suzerain. Alors, peut-être l'épouserait-il, elle, la banale et obéissante Kriemhilde..?

    Mais Kriemhilde était seule. Dans ce monde stérile, l'amitié n'avait pas sa place. Pourtant, Kriemhilde sentait qu'il lui manquait quelque chose. Mais ne connaissant pas ce sentiment, elle n'était pas capable de mettre un mot dessus. Mais c'était cela qui lui manquait ; des amis. Dans ce monde, il n'y avait pas de place pour les sentiments, mais ils existaient malgré tout.

    Kriemhilde ferma les yeux. Sans le savoir, elle souffrait de cette solitude. Elle ferma plus intensément les paupières, striant sa jolie peau de plis d'expression. Un goutte d'eau coula au coin de son oeil, mais elle l'ignora.

    Kriemhilde ne pleurait pas. Kriemhilde ne pleurait jamais.
    Elle ne connaissait pas ce mot.


      La date/heure actuelle est Mer 21 Fév - 8:51